Le Clos des Vignes à Auxerre, un projet de type haussmannien

  • juin 2016
  • Par Pascal Payen-Appenzeller , Expert Stratigraphe du Patrimoine et fondateur du Geste d'Or
Le Clos des Vignes, à Auxerre… après réhabilitation et la création de 196 logements. © Philippe Monge
Le Clos des Vignes, à Auxerre… après réhabilitation et la création de 196 logements. © Philippe Monge

Le nouveau parc résidentiel, le Clos des Vignes, est né de la transformation de l’ancien centre hospitalier psychiatrique d’Auxerre construit en 1840 par Jean Boivin et agrandi en 1880. Ordonné selon une architecture de type pavillonnaire, l’ancien hôpital se compose d’un jardin et d’un bâtiment centraux autour desquels sont organisés seize pavillons, des espaces verts et des cours privatives. Depuis 2002, l’ensemble est classé à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques pour l’ensemble des toitures et façades de ses bâtiments.

Cette opération, bénéficie, par son implantation sur une parcelle en bordure d’un axe majeur d’accès au centre ville d’Auxerre, d’une vocation « d’entrée de ville ». Elle a pour objet de créer environ 11 000 m² utiles de logements.

La mise en valeur de la qualité patrimoniale de l’ensemble bâti pré-existant a été la préoccupation majeure du maître d’ouvrage, Histoire & Patrimoine, et de l’architecte Benoit Ferré. L’ancien hôpital, constitué d’éléments cohérents de constructions du XIXe siècle, est composé suivant un plan classique ordonné autour d’un axe. Les constructions, hormis la chapelle, ont été préservées en totalité. Les logements se repartissent au RDC, R+1 et combles, R+2 et combles, type T1, T2, T3 et aussi de type T4 en fonction de la configuration des lieux.

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Le Clos des vignes, avant travaux. © Philippe Monge

La diversité est assurée par la répartition de l’espace intérieur mais aussi par les vues sur le jardin, la campagne ( le clos de vignes proche) et les lointains.

La Nouvelle Résidence

L’accès

L’accès des véhicules automobiles se fait, d’une part, par un nouveau portail ouvert dans le mur d’enceinte sur l’avenue Charles-de-Gaulle et, d’autre part, par le portail existant à droite de la chapelle (via une servitude de passage sur l’emprise de l’hôpital reconstruit et établi en contrebas). Les piétons accèdent à la résidence par la création d’un portillon percé dans le mur de clôture à gauche de l’entrée monumentale centrale de la résidence. Les nouvelles grilles métalliques sur l’avenue Charles-de-Gaulle ont été traitées selon un motif et une couleur identiques à ceux de la grille existante. La grille monumentale historique de l’avenue Charles-de-Gaulle permet un premier accès d’urgence à la résidence.

La promenade intérieure

Les cheminements suivent, chaque fois qu’elles existent, les galeries couvertes qui retrouvent ainsi leur usage initial. Les escaliers existants, qui présentaient un intérêt architectural, également compatibles avec l’organisation intérieure des logements, ont été conservés. Des kiosques traités dans un style sobre abritent les locaux destinés aux ordures ménagères (tri sélectif), et sont intégrés dans la haie qui ceinture la propriété, à proximité du cheminement périphérique du site. Les services techniques et le parking sont placés en sous-sol.

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© Philippe Monge

Afin de redonner aux bâtiments et à la composition générale de l’opération leur qualité architecturale originelle, le projet prévoyait la disparition des ajouts extérieurs récents : la cuisine, les extensions modernes à rez-de-chaussée, les escaliers de secours extérieurs, les édicules techniques et la station pyraline, ont ainsi été démolis.
Les interventions sur les façades ont porté sur la modification des baies étrangères à la composition originale et la suppression de l’ensemble des volets roulants en aluminium. Quelques adaptations ont permis de répondre au programme : la création de fenêtres de toit, afin d’aménager les combles, et la démolition de quelques cheminées.

Traitements conservatoires des façades.

Les matériaux déjà présents sur le site ont été réutilisés. Les teintes et les aspects ont été choisis dans un but d’unité visuelle :

  • reprise des enduits à la chaux de teinte similaire à la teinte existante (blanc cassé / beige). Chaux naturelle de type Saint-Astier NHL 3,5 dégrossi (de type fine color chaux sable TF sur l’ensemble des façades et le mur d’enceinte ;
  • tuiles plates de teinte flammée au format 27x41 cm, 43 unités au m²;
  • couvertures en zinc sur les galeries de liaison et certains pavillons ;
  • restauration des menuiseries bois et création de nouvelles menuiseries bois avec joints noirs sur double vitrage ;
  • réfection des encadrements des baies en pierre calcaire de Bourgogne, gommage poudre de type Semanaz n°5 doré, grésage et remise en état des joints à la poudre de pierre ;

Il reste à redéployer un ensemble de plantations qui correspond au goût des XVIIIe et XIXe siècles pour les jardins des plantes et l’histoire naturelle. Tel quel, ce béguinage « nouvelle génération », au loyer économique et géré par un gardiennage de proximité, est représentatif des nouveaux enclos de paisibilité que l’on trouve souvent comme bénéfice de la Loi Malraux et de la défiscalisation.

L’investissement des anciennes institutions publiques : hôpitaux, casernes etc… permet d’allier sauvegarde, entretien du patrimoine et qualité de vie.

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Le Clos des Vignes, après réhabilitation. © Philippe Monge
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